Tel un caméléon, Françoise d’Alexandry se fond parfaitement dans ce décorum. La quarantaine à peine dépassée, la directrice de casting ne ménage pas ses efforts. La charge de travail à fournir pour trouver les futurs danseurs et danseuses est impressionnante. Près de 80 candidats seront auditionnés jusque tard dans la journée. « Le casting doit se finir normalement à 15 heures. Mais je sais très bien qu’il se terminera plus tard. C’est toujours comme ça que ça se passe ! », lâche laconiquement la directrice. Elle n’en retiendra finalement qu’une trentaine (25 filles et 5 jeunes hommes) au prix d’âpres discussions avec son équipe. Travail harassant s’il en est, mais c’est le prix à payer pour que le prochain défilé de « la bataille des fleurs » soit un succès.
Un casting avant tout pour les passionnés de danse
De son coté, Raphaël Leclerc attend toujours. Crête décolorée, jean aussi délavé que déchiré, basket « all stars », le lycéen est fashion. Il explique les raisons de sa venue : « C’est en lisant l’annonce dans Nice-Matin que j’ai eu connaissance du casting. Je me suis dit pourquoi pas ! ». Raphaël, à l’image d’Elsa, est féru de danse. Cela fait maintenant 9 ans qu’il l’a pratique : « j’adore danser depuis toujours mais aussi porter des costumes sur scène » précise t-il. Le carnaval parait être une idée judicieuse pour allier les deux, le coté spectaculaire en plus. Le jeune homme a cependant d’autre ambition : « je veux devenir danseur professionnel. D’ailleurs je pars 6 mois à San Francisco l’année prochaine pour intégrer une compagnie de danse ». Son costume arrive enfin. Constitué à la fois de matière noble et de tissus de récupération, l’habit étonne. L’influence de la culture africaine est très perceptible. La directrice de casting confie : « Je voulais quelque chose de tribal où l’art primaire saute aux yeux ». L’effet est garanti, ça en jette !
L’horloge tourne. Il reste de nombreux candidats à passer. Comme le supposait la directrice, le casting ne s’achèvera pas à l’heure. Une fois de plus. Un jeune homme grimé et habillé en panthère fait soudain irruption dans la pièce. « Rodolphe, tu es magnifique » s’exclame Fabienne d’Alexandry. Elle parait emballée à l’idée de faire défiler le garçon et lui glisse : « Reviens me voir. J’aurais quelques publicités à te proposer ». Business is business…