Pas de fumée sans feu. Les chiffres d’affaires des établissements dérogés participent grandement à la croissance française. Même si le CA des buralistes est en baisse de 1% en 2005, ils ont réalisé un CA tabac moyen de 481 000 euros annuel, avec 30 584 buralistes actifs au 1er janvier 2006 en France.
Le réseau constitue le premier commerce de proximité de France. Outre la vente de tabac, les débitants de tabac exercent une activité très diversifiée : téléphonie, jeux, bars-brasseries, confiserie, presse, cadeaux, etc. Ce corps de métier représente donc une force de frappe significative, surtout quand il s’agit de contester certaines mesures gouvernementales, qui peuvent porter atteinte à la consommation.
Toutefois, la Confederation des buralistes n’est pas dupe et redoute une nouvelle modification avant le 1er janvier. « S’il y a effectivement une exception pour les bars-tabacs, c’est un bon signe car cela signifie que la démarche de bon sens de la Confédération est entendue. Mais prudence, il faut rester vigilant tant que la mesure n’est pas adoptée officiellement », prévient Michel Arnaud, le directeur de la Confédération des débitants de tabac de France. Au moins 2 000 débits sont passés en fermeture définitive depuis janvier 2003 (dont 650 en 2005) ; plus de 40% de ces débits fermés définitivement sont situés dans les 26 départements frontaliers au sens du Contrat d’avenir*. A deux pas d’Italie, l’agglomération niçoise est directement concernée.
« Un bar-tabac sans tabac ? C’est pour moi impensable. On a le sentiment d’être un bouc émissaire du ministère de la Santé. D’abord, la hausse des prix, maintenant, l’interdiction de fumer dans les bureaux de tabac », s’insurge Marco, propriétaire d’un bar-tabac à Cagnes-sur-mer. Quant aux restaurateurs, ils luttent depuis octobre 2004 pour le développement du label « Ici, c’est 100% sans tabac ». Pour le moment, ce label n’a été adopté que par quelques quatre-vingt établissements, tous basés à Paris.
Le prochain décret sera donc plutôt le bienvenu pour tout un corps de métier. Dans la région niçoise, quelques établissements assez « selects » ont penché, en dehors du label, pour une interdiction de fumer. « Je fais cela pour mes clients. Mais aussi, par respect pour mes cuisiniers. L’odeur de la nourriture mélangée à de la fumée n’est pas un cocktail recommandable pour les papilles », témoigne Josselin Phong, directrice du « Lotus Bleu » au port de Saint-Laurent-du-Var.
En effet, pourquoi pas les Français ?
- Le contrat signé en 2003 entre l’État et la Confédération des débitants de tabac